[Workshop] « Le travail pris au(x) mot(s) »

Ce projet de workshop s’inscrit dans un ensemble d’activités menées au sein de l’OBERT (Observatoire
Européen des Récits du Travail). Cet espace pluridisciplinaire porté par le CAER (C. Baghetti et C. Lettieri) et le Centre G. G. Granger (M. Cairo-Crocco) a obtenu le Label Initiatives de la Fédération CRISIS en 2018 et il est dédié à la confrontation des pratiques et des recherches consacrées aux récits du travail, considérés tout à la fois comme objets d’analyse et outils méthodologiques pour comprendre le monde du travail contemporain et ses représentations. Le workshop, programmé les 5 et 6 décembre 2019, fait suite aux travaux déjà initiés et a pour objectif de définir et de consolider un groupe de recherche à vocation internationale travaillant à la réalisation d’un projet de dictionnaire encyclopédique et critique en ligne : « Le travail pris au(x) mot(s) ».
Il s’agira de programmer les modalités de réalisation de ce dictionnaire, dont nous avons déjà exploré la faisabilité et esquissé quelques principes de base, qui devra être consacré à l’analyse des mots du travail et de
leurs usages à partir d’un corpus multilingue de textes et de documents hybrides (textes littéraires et récits de
fiction, romans graphiques, témoignages et récits journalistiques) soumis aux analyses croisées d’un réseau
international et pluridisciplinaire de chercheurs.

Présentation

En 2019 s’est tenu un atelier de travail consacré à l’exploration des possibilités de constituer un dictionnaire des récits du travail, c’est-à-dire un outil permettant d’analyser les mots, les notions et les usages à travers lesquels les textes littéraires et culturels représentent les pratiques et les expériences du travail contemporain. L’initiative s’inscrivait dans un ensemble de travaux visant à croiser l’étude des représentations avec l’analyse des transformations sociales, économiques et linguistiques observables dans différents contextes européens.

L’atelier proposait d’élargir le champ des sources habituellement mobilisées par les dictionnaires spécialisés en sociologie, économie, droit ou philosophie, en accordant une attention particulière aux récits littéraires et aux textes culturels qui décrivent, explicitement ou implicitement, les formes du travail. L’objectif était d’examiner comment ces récits nomment les activités productives, construisent des catégories, font émerger ou disparaître certains termes et, plus généralement, participent à la configuration des imaginaires sociaux liés au travail.

Axes et orientations du travail collectif

Les échanges ont porté sur l’identification des unités lexicales pertinentes, sur les variations sémantiques observables dans différents corpus nationaux et sur la possibilité de mettre en relation les évolutions du vocabulaire avec des transformations plus larges des mondes du travail. Les participant·es ont discuté de phénomènes tels que la raréfaction du lexique associé au monde ouvrier fordiste, la réapparition de notions comme celle de « classe ouvrière » dans des publications récentes, ou encore le déplacement de certains termes d’un registre discursif à un autre.

La réflexion a également porté sur les enjeux méthodologiques liés à la constitution d’un dictionnaire de ce type. Plusieurs pistes ont été examinées : définir des entrées articulant dimensions littéraires, linguistiques, historiques, sociologiques et économiques ; envisager des déclinaisons par aires linguistiques afin de rendre compte des spécificités nationales ; intégrer des ressources numériques permettant de documenter et de contextualiser les usages lexicaux ; et, enfin, interroger les rapports entre les choix terminologiques, les genres discursifs mobilisés et les pratiques d’écriture.

Résultats et portée de l’atelier

L’atelier de 2019 a permis de dégager un ensemble de questionnements et de propositions méthodologiques en vue d’un travail collectif sur les récits du travail. Il a réuni des spécialistes issus de différentes disciplines, offrant un premier cadre de dialogue autour de corpus communs et d’une approche comparative des vocabularies du travail en Europe.

Cette rencontre demeure un moment important dans la structuration d’une réflexion partagée sur les formes narratives et sémantiques du travail contemporain. Elle constitue également un repère pour les recherches ultérieures consacrées à l’étude des concepts, des catégories et des pratiques discursives qui façonnent les représentations du travail dans les cultures littéraires et sociales.

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